07/08 : Arequipa, ville coloniale
Nous arrivons à Arequipa vers 5h30, après un voyage en bus de nuit, qui nous a fait passer par Juliaca, à quelques kilomètres du lac Titicaca.
La veille, nous avions repéré dans un de nos guides un hôtel, la pension Thelma, tout près de la Plaza de Armas. On prend donc un taxi qui nous emmène directement du terminal terrestre à l'hôtel en question. La ville est à première vue beaucoup plus grande que Cusco (Arequipa est la deuxième ville du Pérou après Lima) et le plan de ville semble assez simple : de grandes avenues rectilignes qui se croisent à angle droit. Nous arrivons à la porte de l'hôtel à 6h, mais on a beau sonner, pas de réponse. On décide donc de patienter en allant prendre un petit-déjeuner sur la Plaza de Armas au soleil levant et de retenter notre chance un peu plus tard.
La place que nous découvrons est le symbole du style architectural colonial de la ville. Elle est entourée de grands bâtiments au crépi jaune et bordée d'arcades, avec au centre, une fontaine et des palmiers qui la font ressembler aux plus jolies Plaza Mayor d'Espagne. La massive cathédrale en pierre de lave blanche y occupe une place prépondérante. La place déserte à cette heure matinale nous permet de prendre quelques jolies photos, avec la lune qui n'est pas encore couchée. Les nombreuses terrasses au-dessus
des arcades nous tendent les bras pour un petit-dej dans un cadre exceptionnel ! La place s'anime peu à peu : déjà des hommes d'affaire pressés s'activent. Le niveau de vie semble ici un peu plus élevé qu'à Cusco, ce qui se confirmera lorsqu'on paiera la note du petit-dej.
Puis, vers 7h15, nous retournons à l'hôtel où la porte est désormais ouverte. On fait une entrée remarquée puisqu'en me retournant dans le couloir d'entrée, mon sac à dos heurte une plante sur un meuble. Dans un grand fracas, celle-ci s'écrase sur le sol et miraculeusement seule la coupelle se casse. Les chambres sont à quelques mètres, tous les gens sont donc prévenus de notre arrivée ! Nous louons une chambre idéalement placée pour 50 NS pour deux.
Après une bonne douche, le besoin impérieux de vêtements propres se fait "sentir" (c'est le mot !). L'heure est donc à la recherche d'une laverie : on en trouve une non loin de l'hôtel, un peu plus chère qu'à Cusco. Nous tentons de marchander un peu le prix, mais la commerçante est tellement charmante qu'un simple battement de cils et 2-3 sourires ruinent tous nos espoirs de négociation. Et comme elle fait aussi agence de voyage, on la laisse bien volontiers nous proposer une excursion dans le cañon de Colca : on écoute avec grand intérêt les détails du trek qu'elle nous propose, mais on finit par retoucher terre et décider de se renseigner dans 5 ou 6 agences sérieuses répertoriées dans les guides. On passe pas mal de temps à courir aux quatre coins de la ville pour finalement se faire proposer toujours à peu près le même programme, à des prix plus ou moins identiques. Nous recherchons un trek pour 3 jours sortant un peu des sentiers battus et ça n'a pas l'air si facile. On pense pouvoir obtenir des conseils objectifs à l'Office de Tourisme d'Arequipa, mais on nous explique sur un semblant de plan en moins de 30 secondes qu'on peut aller ici ou là, et que tout est bien de toutes façons... On essaie une dernière adresse glanée sur le Routard, assez excentrée. C'est un couple de Français, installés à Arequipa, qui proposent des treks de deux jours dans le cañon de Colca, précédés d'une nuit dans un hôtel dont ils sont propriétaires à Yanque, près de Chivay : l'hôtel Tradición Colca.
C'est un peu plus cher que la moyenne (250 NS / pers. pour les 3 jours), mais leur offre paraît un peu différente de ce qu'on a pu voir ailleurs. On se décide donc pour cette option, en prévoyant un départ le surlendemain, de manière à pouvoir visiter Arequipa tranquillement.
Juste après un bon déjeuner requinquant à base de pollo + papas fritas, on consacre l'après-midi à la visite du couvent Santa Catalina, le joyau d'Arequipa, un véritable village dans la ville. Passé l'impressionnant mur d'enceinte, nous nous trouvons plongés dans un dédale de ruelles et patios aux couleurs vives : les murs sont recouverts d'enduit rouge, bleu, ocre... Loin de l'austérité à laquelle on pourrait s'attendre, cette harmonie de couleurs, de cloîtres fleuris et de fontaines, confèrent au lieu une atmosphère chaleureuse.
De sa construction au XVIe siècle jusqu'au XIXe, les religieuses y avaient une vie très libre : elles avaient la possibilité de recevoir du monde, de vivre à plusieurs par cellule (la colocation de l'époque) et chacune pouvait disposer de servantes (jusqu'à quatre !). Le couvent accueillait essentiellement des filles issues de l'aristocratie espagnole et le mobilier des chambres était la plupart du temps d'une grande valeur. Suite à la visite de Flora Tristan (militante féministe, grand-mère de Paul Gauguin) en 1833 et au récit qu'elle en fit à son retour en Europe, le pape mit fin à cette vie luxueuse pour rétablir une vie plus rangée et conforme aux règles de vie actuelles des nonnes qui occupent encore une partie du couvent. Les cellules sont relativement grandes et ont toutes leur cuisine privative à laquelle est accolée la chambre des bonnes. Florent se régale en testant les réglages de son tout nouveau Reflex !

A la sortie de cette visite, on se retrouve pris dans la foule des Arequipeniens sortant du travail : la Plaza de Armas grouille de monde.
C'est pour nous l'occasion de croiser toutes sortes de vendeurs ambulants, tous plus improbables les uns que les autres : outre les cireurs de chaussures bien répandus dans tout le pays, on croise des vendeurs de rue spécialisés dans la vente de lacets, de paillassons, de lunettes de vue, d'appareils auditifs... On récupère notre linge (propre !) et, en passant devant l'Alliance Française, Florent repère un cycle cinéma en cours consacré à François Truffaut. Notre occupation de début de soirée est toute trouvée : nous irons voir "L'amour en fuite", film avec Dorothée "pour la première fois à l'écran". Pas la dernière, heureusement... ou pas !
Après le film, on décide de se faire plaisir (encore !) et on choisit un resto de luxe qui nous permet d'apprécier quelques spécialités d'Arequipa, à base de produits de la mer et le plus souvent assez épicées. On s'en sort pour 90 NS pour deux vin compris (21 €) : de (très) loin le repas le plus cher qu'on ait mangé... mais c'était délicieux ! Retour à l'hôtel et coucher vers 23h30.
La veille, nous avions repéré dans un de nos guides un hôtel, la pension Thelma, tout près de la Plaza de Armas. On prend donc un taxi qui nous emmène directement du terminal terrestre à l'hôtel en question. La ville est à première vue beaucoup plus grande que Cusco (Arequipa est la deuxième ville du Pérou après Lima) et le plan de ville semble assez simple : de grandes avenues rectilignes qui se croisent à angle droit. Nous arrivons à la porte de l'hôtel à 6h, mais on a beau sonner, pas de réponse. On décide donc de patienter en allant prendre un petit-déjeuner sur la Plaza de Armas au soleil levant et de retenter notre chance un peu plus tard.La place que nous découvrons est le symbole du style architectural colonial de la ville. Elle est entourée de grands bâtiments au crépi jaune et bordée d'arcades, avec au centre, une fontaine et des palmiers qui la font ressembler aux plus jolies Plaza Mayor d'Espagne. La massive cathédrale en pierre de lave blanche y occupe une place prépondérante. La place déserte à cette heure matinale nous permet de prendre quelques jolies photos, avec la lune qui n'est pas encore couchée. Les nombreuses terrasses au-dessus
des arcades nous tendent les bras pour un petit-dej dans un cadre exceptionnel ! La place s'anime peu à peu : déjà des hommes d'affaire pressés s'activent. Le niveau de vie semble ici un peu plus élevé qu'à Cusco, ce qui se confirmera lorsqu'on paiera la note du petit-dej.Puis, vers 7h15, nous retournons à l'hôtel où la porte est désormais ouverte. On fait une entrée remarquée puisqu'en me retournant dans le couloir d'entrée, mon sac à dos heurte une plante sur un meuble. Dans un grand fracas, celle-ci s'écrase sur le sol et miraculeusement seule la coupelle se casse. Les chambres sont à quelques mètres, tous les gens sont donc prévenus de notre arrivée ! Nous louons une chambre idéalement placée pour 50 NS pour deux.
Après une bonne douche, le besoin impérieux de vêtements propres se fait "sentir" (c'est le mot !). L'heure est donc à la recherche d'une laverie : on en trouve une non loin de l'hôtel, un peu plus chère qu'à Cusco. Nous tentons de marchander un peu le prix, mais la commerçante est tellement charmante qu'un simple battement de cils et 2-3 sourires ruinent tous nos espoirs de négociation. Et comme elle fait aussi agence de voyage, on la laisse bien volontiers nous proposer une excursion dans le cañon de Colca : on écoute avec grand intérêt les détails du trek qu'elle nous propose, mais on finit par retoucher terre et décider de se renseigner dans 5 ou 6 agences sérieuses répertoriées dans les guides. On passe pas mal de temps à courir aux quatre coins de la ville pour finalement se faire proposer toujours à peu près le même programme, à des prix plus ou moins identiques. Nous recherchons un trek pour 3 jours sortant un peu des sentiers battus et ça n'a pas l'air si facile. On pense pouvoir obtenir des conseils objectifs à l'Office de Tourisme d'Arequipa, mais on nous explique sur un semblant de plan en moins de 30 secondes qu'on peut aller ici ou là, et que tout est bien de toutes façons... On essaie une dernière adresse glanée sur le Routard, assez excentrée. C'est un couple de Français, installés à Arequipa, qui proposent des treks de deux jours dans le cañon de Colca, précédés d'une nuit dans un hôtel dont ils sont propriétaires à Yanque, près de Chivay : l'hôtel Tradición Colca.
C'est un peu plus cher que la moyenne (250 NS / pers. pour les 3 jours), mais leur offre paraît un peu différente de ce qu'on a pu voir ailleurs. On se décide donc pour cette option, en prévoyant un départ le surlendemain, de manière à pouvoir visiter Arequipa tranquillement.Juste après un bon déjeuner requinquant à base de pollo + papas fritas, on consacre l'après-midi à la visite du couvent Santa Catalina, le joyau d'Arequipa, un véritable village dans la ville. Passé l'impressionnant mur d'enceinte, nous nous trouvons plongés dans un dédale de ruelles et patios aux couleurs vives : les murs sont recouverts d'enduit rouge, bleu, ocre... Loin de l'austérité à laquelle on pourrait s'attendre, cette harmonie de couleurs, de cloîtres fleuris et de fontaines, confèrent au lieu une atmosphère chaleureuse.
De sa construction au XVIe siècle jusqu'au XIXe, les religieuses y avaient une vie très libre : elles avaient la possibilité de recevoir du monde, de vivre à plusieurs par cellule (la colocation de l'époque) et chacune pouvait disposer de servantes (jusqu'à quatre !). Le couvent accueillait essentiellement des filles issues de l'aristocratie espagnole et le mobilier des chambres était la plupart du temps d'une grande valeur. Suite à la visite de Flora Tristan (militante féministe, grand-mère de Paul Gauguin) en 1833 et au récit qu'elle en fit à son retour en Europe, le pape mit fin à cette vie luxueuse pour rétablir une vie plus rangée et conforme aux règles de vie actuelles des nonnes qui occupent encore une partie du couvent. Les cellules sont relativement grandes et ont toutes leur cuisine privative à laquelle est accolée la chambre des bonnes. Florent se régale en testant les réglages de son tout nouveau Reflex !
A la sortie de cette visite, on se retrouve pris dans la foule des Arequipeniens sortant du travail : la Plaza de Armas grouille de monde.
C'est pour nous l'occasion de croiser toutes sortes de vendeurs ambulants, tous plus improbables les uns que les autres : outre les cireurs de chaussures bien répandus dans tout le pays, on croise des vendeurs de rue spécialisés dans la vente de lacets, de paillassons, de lunettes de vue, d'appareils auditifs... On récupère notre linge (propre !) et, en passant devant l'Alliance Française, Florent repère un cycle cinéma en cours consacré à François Truffaut. Notre occupation de début de soirée est toute trouvée : nous irons voir "L'amour en fuite", film avec Dorothée "pour la première fois à l'écran". Pas la dernière, heureusement... ou pas !Après le film, on décide de se faire plaisir (encore !) et on choisit un resto de luxe qui nous permet d'apprécier quelques spécialités d'Arequipa, à base de produits de la mer et le plus souvent assez épicées. On s'en sort pour 90 NS pour deux vin compris (21 €) : de (très) loin le repas le plus cher qu'on ait mangé... mais c'était délicieux ! Retour à l'hôtel et coucher vers 23h30.
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