Lever 5h30, un peu difficile, pour être au terminal de bus de Nazca à 6h. On essaie de dormir pendant la première partie du voyage, sans trop de succès, et on s'arrête vers 9h au bord de la
Panaméricaine,

aux environs de Pisco, pour un petit-dej dans une
station-service : ça sent déjà le poulet grillé ! On repart une demi-heure plus tard pour la fin de notre périple. Ce n'est pas le trajet le plus agréable qu'on ait fait, loin de là... Le paysage
est très monotone : grand désert de terre sombre, sans beaucoup de relief. On sait qu'on approche de Lima lorsqu'on commence à trouver des panneaux publicitaires énormes (et vides) au bord de la
route. Puis, on entame l'interminable traversée des faubourgs très pauvres de la ville. Tous les matins, des centaines de
microbús empruntent ce chemin pour
acheminer les habitants de ces quartiers au travail : c'est au minimum une heure dans les embouteillages matin et soir.
On atteint la gare routière de Lima vers 13h, sous un ciel évidemment... gris ! La
garúa (brouillard qui s'abat sur Lima pendant presque la moitié de l'année) ne s'est pas décidée à
partir et on ressort les polaires, non pas qu'il fasse très froid (14-15°C), mais l'air est humide et le froid nous transperce, pas très agréable. On prend un taxi pour nous rendre dans un hôtel
qu'on a repéré tout près de la
Plaza Mayor. Mais le chauffeur essaie désespérément de nous décourager de loger à cette adresse et veut absolument nous emmener dans un autre hôtel (pour
lequel il touche sans doute une petite commission). Après de longues discussions, il comprend enfin que nous ne sommes pas décidés à revoir notre choix et il nous dépose
Plaza Mayor.
Notre hôtel est à une centaine de mètres seulement du palais présidentiel d'
Alan García. Le climat de Lima ne
ravit pas Florent qui n'a plus qu'un pantacourt à se mettre. On dépose donc nos sacs à l'hôtel et on part en vadrouille, à la recherche d'une laverie. Au passage, on s'arrête dans un resto sympa
et, au petit jeu de "je commande tout ce que je ne comprends pas", je me retrouve avec des tripes dans mon assiette. Florent a été moins aventurier en commandant un riz à la cubaine. Je réussis à
négocier un échange de plat avec mon compère de voyage : il m'en veut un peu lorsque l'assiette de riz à la cubaine arrive enfin (riz, bananes caramélisées, patates, oeuf au plat, ça a l'air
délicieux), mais son sens du sacrifice est finalement le plus fort puisqu'il avale sans broncher son plat de tripes, pendant que je me délecte de cette excellente cuisine cubaine.
Notre recherche vaine de laverie finit par nous amener assez loin du centre : alors qu'on en trouvait presque à tous les coins de rue dans les autres villes du pays, ici c'est chose beaucoup plus
rare. D'ailleurs Lima est en beaucoup de points assez différente du reste du pays : nous sommes dans la capitale et on le ressent assez nettement. La ville est immense, traversée par de larges
avenues, et on est assez effarés par la circulation automobile : il faut vraiment être encore plus prudents qu'ailleurs pour traverser, la priorité aux piétons n'est pas du tout entrée dans les
moeurs ici ! Au concert de klaxons des voitures s'ajoutent les cris des
cobradores, les personnes à bord des bus chargées d'encaisser le prix du trajet et surtout d'annoncer la
destination le long du parcours. Les arrêts ne sont pas bien définis, pas plus que les trajets : il est extrêmement difficile de s'y retrouver, la faute au manque cruel de réseau de transport
urbain organisé. Le parc automobile vieillot implique également une pollution omniprésente et un peu suffocante par moments. La nuit commence bientôt à tomber et on commence vraiment à avoir
froid, quand on passe (enfin !) par hasard devant une laverie qui pratique les prix au kilo, comme on en avait pris l'habitude ailleurs (3,50 NS/kg). On dépose notre linge, puis on s'occupe
d'envoyer nos dernières cartes postales (5,50 NS le timbre ici, plus cher qu'à Arequipa ! encore un mystère de la déréglementation ?).

De retour dans les environs du palais présidentiel, on découvre un marché artisanal où Florent achète du
Pisco, après en avoir goûté une petite série... encore une fois, on craque face aux yeux doux d'Irma, la vendeuse ! Au milieu du marché, un groupe local joue les airs traditionnels qu'on a déjà
entendus partout dans le pays. Les gens dansent allègrement devant la scène, ça nous paraît assez irréel de trouver cette ambiance très populaire à deux pas de la place principale de Lima.
Pour notre dîner, nos repérages sur le Routard nous guident jusqu'à un petit bar-resto où on est contents de s'asseoir pour se réchauffer. Vaste choix de vins sud-américains et tapas délicieuses.
On se fait plaisir et on s'en sort pour 75 NS quand même pour nous deux (!). On ne traîne pas trop dans les rues de Lima et on va se coucher vers 22h.