Vendredi 27 juillet 2007
Il est 3h du matin et déjà l'hôtel grouille de randonneurs plus ou moins discrets, prêts à s'attaquer à l'ascension menant à l'entrée du Machu Picchu de nuit (400 m de dénivelé environ), pour être les premiers à l'ouverture du site à 6h et profiter du lever de soleil. De notre côté, on a décidé de s'économiser un peu physiquement et de gagner plus d'une (précieuse) heure de sommeil en prenant le bus pour rejoindre l'entrée du site (20 NS / pers. pour l'aller simple !). On se rendort donc tant bien que mal, malgré le brouhaha perpétuel, et lorsque je me réveille un peu miraculeusement à 4h30, il ne pleut pas du tout et il fait même assez doux pour partir en short. Le hall de l'hôtel est rempli de matelas, accueillant les touristes arrivés tard par le dernier train la veille : une bonne adresse de secours donc, pour les routards cherchant un hôtel à minuit. On part sans même petit-déjeuner à 5h pour acheter nos billets de bus dans la cohue et on parvient à prendre l'une des toutes premières navettes qui grimpent vers l'entrée, sur une piste qui serpente pas mal. MachuP-brume.JPGNous doublons d'ailleurs beaucoup de randonneurs armés de leur frontale ; tout juste le temps de grignoter quelques biscuits et on arrive à l'entrée peu après 6h, où quelques dizaines de personnes font déjà la queue.

Le jour se lève et nous voilà enfin à l'intérieur du site ! Première impression un peu décevante car, outre le flot de personnes déjà présentes (les randonneurs matinaux + les premiers bus), la montagne est plongée dans un épais brouillard qui ne nous permet que de deviner ici ou là quelques ruines éparses, mais aucune vision d'ensemble. WaynaPicchu-marches2.JPGDe plus, on veut absolument faire partie des premiers à gravir le Wayna Picchu ("jeune montagne" en Quechua, par opposition à Machu signifiant "vieille"), qui offre un panorama exceptionnel sur l'ensemble des ruines et son environnement montagneux, car l'ascension est limitée à 400 personnes par jour. On doit donc hâter le pas dans le brouillard... la magie de la contemplation du site au lever du soleil, ça ne sera pas pour ce matin ! On découvre quand même quelques bâtiments en pierre impressionnants en traversant les ruines et on arrive au pied du Wayna Picchu vers 6h30. Là, une cinquantaine de personnes attend déjà l'ouverture du sentier aux premiers randonneurs à 7h. Le temps de laisser partir les personnes qui étaient là avant nous, on ne commence l'ascension que vers 8h, toujours dans la brume matinale qui tarde à se lever. La montée est assez difficile, mais pas trop fatigante quand même (dixit le guide du Routard !). Une heure plus tard, on est venus à bout des nombreuses marches glissantes et autres passages un peu vertigineux. Le genou de Soizic a tenu bon ! Malheureusement, la vue est complètement bouchée : on est dans les nuages et de plus en plus de gens affluent au sommet. On distingue parfois furtivement un bout de montagne entre deux nuages, mais rien de plus. Nous attendons patiemment, mais une heure plus tard la situation n'a toujours pas évolué. On se décide alors à redescendre, un peu frustrés, mais les ruines nous attendent !
 
WaynaPicchu.JPG Au cours de notre descente, on traverse la couche nuageuse qui entoure encore le Wayna Picchu pour arriver au niveau des ruines vers 11h, au moment où les nuages commencent à se dissiper. La magie du lieu commence alors à opérer, malgré l'affluence de visiteurs de plus en plus nombreux. On profite de ce moment unique où l'on découvre peu à peu l'immensité du site et son environnement montagneux. Comment avoir eu l'idée de construire un village à cet endroit ? difficile de trouver moins accessible... L'ascension du Wayna Picchu nous a un peu entamés et la faim commence à se faire sentir, d'autant que le petit-dej a été plutôt frugal. On ressort du site car, une fois n'est pas coutume, nous avons suivi scrupuleusement le règlement intérieur qui interdit l'introduction d'aliments et de bouteilles d'eau sur le site, ce que malheureusement peu de personnes respectent. Nous pique-niquons donc rapidement sur les tables aménagées à l'entrée et on décide de prendre une visite guidée pour mieux comprendre les symboliques liées au lieu.

Entre deux guides qui nous proposent leurs services à l'entrée, on choisit une femme qui nous inspire plus confiance et qui MachuPicchu-nuages.JPGnous promet une visite complète de 2h pour 90 NS. Nous voilà repartis à l'assaut des ruines, les nuages sont maintenant complètement dissipés, y compris sur le Wayna Picchu (pas la peine, donc, d'y aller trop tôt quand l'horizon est bouché). On prend un sentier qui s'élève pour avoir une vue d'ensemble du site. Un vol de condor au-dessus des ruines (assez rare, d'après notre guide) nous souhaite la bienvenue. Les architectes incas avaient un sens aigu de l'harmonie entre les constructions humaines et la nature environnante. Beaucoup de symboliques plus ou moins évidentes apparaissent dans le plan de construction (formes d'animaux : condor, lézard, puma...). On distingue le quartier sacré, constitué de différents temples, dont le principal est bien MachuP-pierres.JPGentendu le temple du soleil. A côté un lieu dédié à l'astronomie, plus bas les maisons des nobles et, plus bas encore, les habitations des gens du peuple. Quelque 1500 personnes vivaient dans ce village. On suit alors notre guide dans chacun de ces quartiers et l'on peut observer de plus près les ajustements de pierres taillées, toujours aussi étonnants (dont une pierre à 32 angles, record battu !). Petite pause pour prendre un peu d'"énergie" sur la pierre sacrée ; notre guide est à la fois calme et passionnée, cette visite est un délice ! MachuP-picon.jpgAprès avoir bu ses paroles pendant 2h30 (!) grâce à son excellente élocution, on la quitte, comblés et un peu moins ignorants face à ces "vieilles pierres". Nous faisons un nouveau tour dans le village, à notre rythme, il y a de moins en moins de visiteurs et les lamas commencent à réinvestir les lieux. On décide alors de remonter un peu afin de terminer notre journée par une petite demi-heure de contemplation face à cet ensemble de montagnes et de pierres, aux couleurs si caractéristiques : le temps s'arrête, on flotte au-dessus des ruines... on l'a eu notre instant de magie ! Les sifflets des gardiens nous ramènent à la réalité : l'heure de fermeture (17h) est proche et on tourne le dos à ce lieu époustouflant, non sans avoir fait voeu d'y revenir un jour. A la sortie, on se fait même tamponner nos passeports aux couleurs du Machu Picchu !
MachuP-ensemble.JPG
Nous redescendons à pied jusqu'à Aguas Calientes, par une enfilade d'escaliers au milieu des arbres, croisant de temps à autres les lacets de la route. Ca commence à faire beaucoup pour le genou de Soizic, mais nous arrivons en bas au courage à la lueur de la frontale. Au passage, on fait quelques emplettes au marché pour se préparer un bon petit dîner dans la cuisine de l'hôtel (soupe et pâtes), excellente alternative aux restos peu recommandables et chers de cette ville décidément très touristique. Pendant qu'on mange dans le hall de l'hôtel, on retrouve les deux Français croisés dans le bus Pisac-Cusco. Ils sont arrivés à Aguas Calientes par le chemin alternatif (via Santa Maria, Santa Teresa et Hydro) : leur trajet depuis Cusco a duré 24h non-stop, avec quelques passages un peu délicats. Bizarrement, ils prendront le train au retour... Ils débutent un tour du monde et nous abreuvent de leurs expériences : "On a déjà fait le Mexique, le Guatemala et l'Equateur". On les remercie poliment et on part se coucher vers 22h. La journée a été longue et intense, un grand merci à Inti de ne pas nous avoir laissés tomber !

(informations détaillées sur le Machu Picchu ici ou )
par JB
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