Jeudi 26 juillet 2007
Lever difficile à 6h30. Dernier petit-dej à l'hôtel que l'on quitte définitivement. Nous prenons le bus pour Ollantaytambo vers 10h et on y arrive environ deux heures plus tard. Un changement de bus à Perou-FG1-114.jpgUrubamba a bien failli créer une scission (involontaire) dans le groupe, puisque je suis descendu du bus un arrêt trop tôt... heureusement, j'ai réussi in extremis à remonter dedans, ouf ! Petite balade dans les ruelles de ce très mignon village. Les rues sont peu pavées, pour la plupart en terre. Les ruines incas surplombant le village sont réellement impressionnantes. Avant de s'attaquer à leur visite, on se met en quête d'un comedor. Malheureusement, plus de place dans celui qu'on a repéré dans une ruelle : qu'à cela ne tienne, la patronne nous propose de déjeuner à l'étage... en fait, elle nous emmène dans sa salle à manger personnelle, peinture mauve et portraits de famille aux murs ! Soiz et Vince préfèrent rester prudents avec leurs intestins et ne prennent pas de viande : la patronne s'inquiète un peu pour leur santé et leur propose une banane en remplacement, parce qu'on aura besoin de forces le lendemain au Machu Picchu. Elle évoque alors avec nous les problèmes de la ligne de train Ollantaytambo-Aguas Calientes qui a été privatisée et qui est exploitée par Perurail, compagnie (chilienne !) ayant le monopole. Il s'agit du seul moyen de transport pour accéder au Machu Picchu et la compagnie en profite largement pour fixer librement des prix... très élevés ! Tout ceci ne profite bien entendu absolument pas aux villages et populations locales, mais va directement dans la poche des actionnaires de Perurail, un vrai scandale ! Les locaux disposent heureusement de trains spéciaux à des tarifs bien plus abordables (trains interdits aux touristes). Ollantaytambo.JPGQuant à ceux qui veulent se lancer dans l'aventure du fameux chemin alternatif permettant d'éviter le train (et qui passe par une autre vallée : description détaillée dans le Lonely Planet), elle nous apprend que la police rôde pour décourager les "fraudeurs" et qu'en cas d'interpellation elle peut ramener les "contrevenants" directement à la case départ (Ollantaytambo), sans toucher 20 000 soles. De toutes façons, nous avons déjà acheté nos billets de train pour le soir même...

Après le repas, nous partons à la découverte des ruines de la forteresse inca, siège de la seule victoire Ollantaytambo-canaux.jpgindigène contre les Conquistadors. Plus on s'en approche et plus on comprend pourquoi... Il s'agit vraiment d'un site imprenable, consitué d'une vingtaine de terrasses superposées : les Espagnols ont dû grimper cet "escalier" aux marches immenses sous une pluie de flèches incas. Sur le versant opposé se dressent les ruines des colcas (lieu d'entreposage de céréales et autres cultures) et de la prison : fascinant d'imaginer comment on a pu monter des pierres et réaliser de telles constructions dans un endroit aussi escarpé ! Entre les deux bâtiments, un rocher en forme de visage (de profil) représente le Viracocha (principal dieu des Incas, dieu créateur, roi de la foudre et des tempêtes). Au pied de la forteresse, le système d'irrigation mis à jour permet d'admirer le travail remarquable de la pierre et est constitué de canalisations encore utilisées aujourd'hui.

en-face.JPG Ollantaytambo-Beatles.JPG

Il est déjà bientôt temps de se diriger vers la gare, un peu excentrée, pour prendre le train en direction d'Aguas Calientes, village au pied du Machu Picchu. A peine le temps d'avaler un Picon bière et un choclo con queso (épi de maïs bouilli, servi avec un morceau de fromage), nous voilà dans le train, plutôt luxueux par rapport à tous les moyens de transport qu'on a pu expérimenter jusque-là. Nos compagnons de voyage sont pour la plupart étatsuniens (quelques Français aussi), la nuit tombe doucement et on s'installe en bout de wagon, autour du bar, pour terminer tranquillement notre Picon. L'itinéraire suit la vallée de l'Urubamba, superbe ! On arrive à Aguas Calientes sous une pluie fine vers 20h : pas de pancarte à notre nom comme on nous l'avait pourtant promis en réservant l'hôtel par téléphone... Nous n'avons donc pas d'autre choix que de partir à la recherche de notre hôtel Inti Wasi, dans la nuit et sous une pluie qui redouble d'intensité... N'ayant pas encore vu la pluie depuis notre arrivée et sur les conseils des locaux, nous avons fait le choix (judicieux ?) de ne pas prendre de vêtement de pluie pour cette excursion au Machu Picchu !

L'hôtel est en fait tout près de la gare et on le trouve assez facilement : notre réservation avait bien été enregistrée, mais pour deux personnes seulement... et de toutes façons l'hôtel est complet ! Le gérant nous propose alors un arrangement : il y a une chambre double occupée par deux filles qui ont raté leur train et qui ne devaient donc pas être à l'hôtel ce soir-là. Comme elles sont parties dîner, il enlève toutes leurs affaires de la chambre et nous propose de dormir à quatre dans cette petite chambre pour deux ! Les chambres d'hôtel bon marché étant rares à Aguas Calientes, on ne fait pas les difficiles et on accepte son offre, en négociant une petite ristourne. Il nous apporte deux matelas et sacs de couchages d'appoint et nous voilà installés ! Quant aux deux filles qu'on vient de déloger, deux matelas et sacs de couchage les attendront dans le hall de l'hôtel ! On se retrouve donc à quatre dans une chambre minuscule sans fenêtre, où on ne peut plus poser le pied par terre à cause des matelas supplémentaires. On entend les trombes d'eau dehors, il ne fait pas très chaud et on est néanmoins tenus d'aller visiter le Machu Picchu le lendemain, quel que soit le temps (sans vêtement de pluie), car on a déjà nos billets de train retour pour le surlendemain. Le moral des troupes n'est pas vraiment au beau fixe... Pour ne pas trop sombrer dans le pessimisme, on décide de se séparer les tâches : Soiz et Vince vont nous préparer un petit dîner pique-nique avec les quelques boîtes de conserve qui traînent dans le fond de nos sacs, pendant que Florent et moi affronterons la pluie pour aller acheter les billets d'entrée au Machu Picchu pour le lendemain matin. En fait, ce qu'on croyait être une averse s'abattant sur le toît en tôle de l'hôtel n'est autre que le torrent qui s'écoule bruyamment juste à côté. Il pleuviote à peine et notre moral remonte subitement : on achète nos places d'entrée, assez chères (120 NS / pers., mais au moins cet argent est dédié à l'entretien des sites historiques), puis on rentre à l'hôtel annoncer aux autres la bonne nouvelle : on ne visitera sans doute pas le Machu Picchu sous la pluie ! Petit dîner à base de thon en boîte et tomates, puis on part se coucher vers 23h en espérant se réveiller à 4h30 (car on a aussi oublié de prévoir un réveil en état de marche...), pour prendre les premiers bus montant au site dès l'ouverture.
par JB
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Présentation

Catégories

Recherche

logiciel de création de site internet sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus