Lever 6h : la nuit a été difficile pour Soizic et Vincent dans leur petit lit... Soiz a fini par opter pour le sol de la chambre au milieu de la nuit ! Pas de petit-dej à l'hôtel, on part
directement au "terminal" des bus pour Pisac (en fait c'est une baraque en bois, au coin d'une rue). Une heure plus tard, on arrive enfin à Pisac et on ne résiste pas au petit-dej qui nous tend
les bras dans une cour ensoleillée donnant sur la place du marché. Soizic et moi, on choisit le petit-dej inca : lait concentré accompagné de céréales et épices (quinoa, quiwicha, ...). C'est
hyper nourrissant : on aura bien besoin de ça lors de la montée vers les ruines ! A une table voisine, deux filles aux mains bleues sont en train de manger également, on se demande d'où sortent
ces schtroumpfettes... de l'espace ? de l'empire inca ? d'une répet de théâtre ? d'une rave party ? Ca restera un des mystères du voyage, mais qui aura au moins le mérite de nous faire causer
pendant toute une partie du trajet conduisant au site inca... jusqu'à ce qu'on rencontre Jean-Claude, notre compagnon de voyage pour cette balade. Difficile de lui donner un âge, court sur
pattes, d'un abord facile... il devient notre chien préféré et nous conduit jusqu'aux ruines !

Le paysage est magnifique : on monte au milieu des terrasses (
andenes) et des cactus, il fait déjà chaud. Soizic prend tout plein de photos et Vincent aimerait bien qu'elle lui rende
l'appareil...

Une heure plus tard, on arrive au mirador d'où
on a une vue dégagée sur la vallée. Et au sommet de la montagne, sur la crête, on découvre le quartier sacré avec notamment les trois temples dédiés aux divinités principales : le soleil
(
Inti), la lune (
Quilla) et les étoiles (
Chaska). Un des gardiens du site se propose pour nous faire une petite visite commentée, moyennant quelques
soles. On
découvre la pierre sacrée des Incas, taillée en forme de podium olympique. Elle représente d'une part les 3 parties du monde inca : le monde terrestre (puma), le monde aérien (condor) et le monde
souterrain (serpent) ; d'autre part, elle symbolise les 3 commandements fondamentaux de la morale inca : "ne sois pas voleur, ne sois pas menteur, ne sois pas paresseux". L'assemblement des
pierres formant les murs est IM-PRES-SION-NANT ! Les Incas utilisaient même du jus de cactus, entre les pierres, servant de joint et de colle (version non-officielle de notre guide).
Puis on se dirige vers l'autre partie du site, en empruntant un petit tunnel naturel dans la roche (décidément les Incas n'étaient pas grands !) et en passant la porte du village :

il s'agit des habitations où les Incas vivaient. Ils laissaient
le flan de montagne libre pour les cultures en terrasse (céréales et pomme de terre principalement) et préféraient installer leurs villages sur les sommets, les vallées étant sans doute moins
sûres en cas d'attaque ennemie. Le site est également époustouflant par ses canalisations (à l'air libre, mais également souterraines !) qui permettaient une irrigation étonnante des différentes
cultures. La société inca était organisée d'une manière assez rigide, avec 3 classes principales : les paysans et artisans, les militaires et guerriers, les nobles.
On redescend au village de Pisac par un autre sentier, en fond de vallon. Le genou de Soizic commence à donner des signes de fatigue, alors que l'estomac de Vincent va mieux grâce aux fameuses
pilules Digestase de la pharmacienne. Florent trotte devant, fier comme un Corse, et de mon côté je suis tout triste d'avoir été abandonné lâchement par Jean-Claude dans les ruines, au milieu du
flot de touristes.

Au cours de cette descente, on longe une falaise
couverte d'anfractuosités : ce sont d'anciennes tombes incas (qui ont été pillées pour l'or qu'elles contenaient) et qui formaient le plus grand cimetière de la vallée sacrée. Nous faisons un
passage rapide par le marché et on s'en éloigne un peu pour trouver un
comedor un peu authentique. Dans les ruelles de Pisac, Vincent nous explique comment les caniveaux creusés au
milieu permettaient, par un système astucieux utilisant la force de Coriolis, de séparer les eaux propres des eaux usées*... Il est grand temps de manger et, la faim aidant, on finit par craquer
devant un resto qui passe des reprises des Beatles à la flûte de pan... On reprend ensuite le bus pour Cusco, en pensant pouvoir y faire une sieste réparatrice, mais il n'y a plus de places
assises : nous sommes quittes pour une heure de trajet debout, au milieu de l'allée. On croise d'ailleurs dans ce bus 2 Français dont on reparlera... Arrivés à Cusco, petite visite du quartier
San Blas. On repasse à l'hôtel pour faire nos sacs et séparer les affaires qu'on emmènera au Machu Picchu du reste. Puis nous partons en taxi chez Alba et Wilfredo où nous sommes toujours aussi
bien reçus ! On en profite pour déposer chez eux nos sacs et on rentre à l'hôtel parce qu'il faut encore partir tôt le lendemain.
* Attention, une erreur se cache dans cette phrase.