Vendredi 20 juillet 2007
Le voici, le voilà... notre récit de voyage ! Vous y trouverez notre itinéraire, nos impressions, des anecdotes, des conseils aux voyageurs sur les choix que nous avons été amenés à faire, quelques déceptions aussi. Bref, ce blog n'a donc pas la prétention de refaire un guide de voyage ; il en existe déjà de très bons. Pour notre part, nous avions en poche le Lonely Planet du Pérou (disponible en français) et le Guide du Routard Bolivie-Pérou. Le Lonely est sans aucun doute plus complet et précis, mais le Routard s'est parfois avéré un excellent complément. L'important est surtout de savoir s'en détacher par moments pour ne pas passer son voyage le nez dans le guide !

Si vous êtes pressé, vous pouvez toujours aller voir un résumé en images :
picasaweb.google.fr/bill.douglas.frcd/PRou1

A suivre...
Florencio & RotaBe
par JB
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Vendredi 20 juillet 2007
"En voyage, les cultures fortes nous renvoient le miroir de notre culture dégradée et l'image de notre culpabilité profonde. Le surcroît de sens d'une culture forte territoriale, rituelle, fait de nous des gringos, des zombies, des touristes assignés à résidence dans les beautés naturelles du pays."
Jean Baudrillard, philosophe.

... ou la remise en question de notre manière de consommer le voyage ("Cette année, on a fait le Pérou, on a fait le Maroc et on a aussi fait l'Italie et la Grèce..." ). A nous donc d'essayer de dépasser le stade de l'émerveillement et de la contemplation de paysages exceptionnels pour aller à la rencontre de la culture et des gens ! Pas si évident, quand on n'a pas trop de temps... C'est donc décidé, plutôt que de faire pour faire, on va privilégier les étapes un peu plus longues dans chaque région, quitte à ne pas voir tout ce qu'on avait prévu.
par JB
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Samedi 21 juillet 2007
Le réveil à 6h30 est difficile... On a passé la nuit à Paris chez Florent et notre avion décolle de Charles De Gaulle à 11h30. L'excitation du voyage ne nous a laissés dormir que 3 heures ! La veille,Paris-MureetNico.JPG je suis arrivé de Grenoble vers 22h et j'avais rendez-vous avec Mûre et Nico pour la remise d'un colis "spécial survie" pour Soiz et Vince (une dizaine de tablettes de chocolat et un litre de Picon). Je suis donc arrivé un peu tard chez Florent et, le temps de régler les derniers détails (scan de passeport, "tu as bien la Malarone ? et le produit anti-moustique ?", "où est mon carnet de vaccinations tropicales ?") et de tenter un visionnage du film de Werner Herzog "Aguirre, la colère de Dieu" tourné au Pérou (1972), nous nous sommes endormis vers 3h30, sur le canapé, devant la télé.

Bref, on prend le RER jusqu'à l'aéroport, les sacs sur le dos, la tente en travers et les passeports dans la poche. C'est le moment de se remémorer le jour où on a commencé à évoquer notre projet de voyage en Amérique du Sud pour rejoindre Soiz et Vince. Quelques mois plus tard, après quelques rebondissements et formalités fastidieuses, ça y est, nous y sommes... Je ne sais pas ce que peut ressentir Carlos Ghosn le jour de la sortie d'un nouveau modèle Renault qui a nécessité quelques mois de conception et de préparation, mais ça ne doit pas être loin de ça ! Un mélange de satisfaction, d'excitation, d'appréhension et l'impression que tout est possible... ;-)

Arrivée à l'aéroport 3 heures avant le décollage, juste le temps de passer les contrôles de sécurité et de prendre un petit-dej et nous voilà déjà dans la salle d'embarquement. Premier vol Paris-Miami en Boeing 767 American Airlines. On y croise déjà beaucoup de Français avec des guides du Pérou. C'est l'occasion de parler un peu de notre programme de voyage des premiers jours : dès notre arrivée, on partira directement de Lima pour aller àMiami-Florent-copie-1.JPG Cusco, dans le sud, au milieu de l'ancien empire inca. L'actualité péruvienne a été mouvementée ces derniers temps puisque d'importants mouvements sociaux (les plus forts depuis 2000 et la chute du régime corrompu de Fujimori) ont eu lieu la semaine précédant notre arrivée, sous l'impulsion du puissant syndicat d'enseignants SUTEP. Les mineurs, paysans et producteurs de coca se sont ensuite joints au mouvement de protestation contre la politique du président Alan García et certaines routes ont été bloquées par les manifestants. Des négociations semblent en cours actuellement, mais il n'est pas certain que nous puissions gagner Cusco en bus sans rencontrer de bloqueo (barrage de grévistes). Pour l'heure, notre avion arrive à Miami à 15h (heure locale), puis on fait la queue à la douane (prise d'empreintes d'index et de photo du visage). Tout juste le temps de mettre le nez dehors : un orage tropical se prépare. Du coup, notre avion Miami-Lima décolle avec un peu de retard vers 18h, heure locale (minuit en France). On avale notre dîner et on tombe de sommeil pour ne se réveiller qu'à l'atterrissage au Pérou. Il est 22h (heure locale), il fait gris et frais (comme toujours à Lima durant l'hiver austral).

On est accueillis par deux têtes frisées qu'on voit sauter au milieu de la foule : ils sont là !!! Embrassades chaleureuses puis on part à 4 en taxi chez Soizic et Vincent : ils sont hébergés dans les locaux de l'ONG pour laquelle ils ont bossé pendant 3 semaines, à Miraflores (un quartier de Lima). On parle un peu de leurs projets (toutes les infos ici : vincesoiz.over-blog.com/) et de Lima qu'ils ont hâte de quitter (à cause de son climat et de sa taille notamment). Juste le temps de s'enfiler une platée de pâtes, de transmettre les cadeaux de France (chocolat et Picon) et on tombe de fatigue... Il est déjà 1h30 du matin.

Soiz.JPG Vince.jpg
par JB
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Dimanche 22 juillet 2007
Lever 9h30. On part se balader tous les 4, dans Miraflores (quartier riche de Lima), en direction du bord de mer.Lima.JPG On découvre l'océan Pacifique, sous une brume "pas trop épaisse aujourd'hui", d'après Soiz et Vince... Pourtant on a du mal à distinguer quelques surfeurs qui paraissent tout petits vus du haut de la falaise. On prend le bus jusqu'à Barranco (autre quartier de Lima en bord de mer) : c'est la fête du Pisco (l'alcool local à base de raisin, 42° quand même...) alors une dégustation (ou plus) s'impose ! Pas forcément l'idéal pour nos intestins fraîchement débarqués d'Europe, mais bon, on n'est pas là pour vendre des cravates ! Dans la foulée, on mange sur le marché un escabeche de pollo (froid) : c'est vraiment bon et on se dit que ç'aurait été dommage de se priver de ça, par peur d'être malades. Petite balade dans Barranco : on assiste à une course de garçons de café pour la fête du Pisco, avec discours de Monsieur le maire, la totale !

On part ensuite rendre visite à la mère d'Adriana (une amie d'amie de Soiz) qui habite juste à côté, avant d'aller voir Adriana elle-même (pas Karembeu, une autre...). Elle s'inquiète un peu pour nous quand on lui explique ce qu'on a mangé le midi et qu'on part pour 20h de bus... On rentre à la maison en taxi pour aller préparer nos sacs et partir à la gare routière d'où notre car pour Cusco part à 17h30. Depuis le terminal Cruz del Sur Carte2.jpg(notre compagnie de bus), Vince et moi partons acheter un peu de pain pour le voyage dans un hypermarché pas hyper... près ! Du coup, on arrive tout juste pour l'embarquement dans le bus et on retrouve Florent et Soizic, rassurés de nous voir revenus à temps. En sortant de la ville, on traverse des banlieues énormes et des bidonvilles sur les collines sablonneuses. Puis le paysage devient de plus en plus désertique à mesure que la nuit tombe.

Notre car est très confortable et on a même une hôtesse de bord qui ne tarde pas à nous servir le dîner. On a ensuite droit à un bingo dans le car : elle tire les numéros au sort, tout le monde participe et le vainqueur remporte un billet retour Cusco-Lima (150 NS par personne). Florent se fait souffler la victoire à deux numéros près ! Ca détend bien l'ambiance, à tel point qu'on sombre dans le sommeil avant minuit, rattrapés par le décal(c)age horaire.
par JB
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Lundi 23 juillet 2007
Nuit un peu difficile à bord du car, malgré les sièges semi cama. Après avoir longé la côte Pacifique pendant quelques heures, nous quittons la route Panaméricaine à Nazca. On se dirige alors vers l'est, en direction de Cusco : la route s'élève brutalement et les virages sont de plus en plus serrés. En 90 km, on passe du niveau de la mer à un col à 4390 m ! Lima-Cusco3.JPGQuand le soleil se lève, vers 6h, nous oscillons toujours entre 4000 et 4300 m : dehors il fait très froid (quelques millimètres de glace sur les vitres du bus) et nous sommes bien contents d'avoir choisi un car avec chauffage ! Nos voisins de derrière sont malades (sans doute le sorroche, mal de l'altitude), mais pour nous ça se passe plutôt bien, à part peut-être un léger mal de tête. Les paysages traversés sont magnifiques et la végétation plutôt rare à cette altitude. Petite pause à Abancay vers 10h, puis on aperçoit des sommets enneigés culminant à plus de 6000 m. A 15h, on plonge enfin dans la vallée de Cusco, après 21h30 de voyage et quelques films étatsuniens de qualité inégale. Nos intestins ont bien tenu le coup : cette fois le seuil psychologique est passé, on va pouvoir goûter à toutes les spécialités locales !

On prend un taxi qui nous emmène jusqu'à l'hôtel qu'on nous a conseillé, tout près de la place principale, la Plaza de Armas. Cusco a l'air d'une ville à taille humaine construite dans une vallée assez large, avec quasiment aucun bâtiment de plus de trois étages. La petite ruelle qui mène à l'hôtel grimpe un peu et on se rend très vite compte qu'il va falloir y aller doucement : on est à 3400 m d'altitude et on s'essouffle très vite ! L'hôtel n'a plus de chambre pour quatre mais nous propose une chambre avec 3 "grands" lits simples. En fait, ce sont des lits péruviens, c'est-à-dire pas très grands, mais on décide de rester quand même après avoir négocié de ne payer que pour 3. Au pire, on a nos matelas prévus pour la rando... Il y a aussi 3 couvertures sur chaque lit et on va bientôt comprendre pourquoi.

Lima-Cusco1.JPG Petit comedor (resto) sympa et pas cher, puis balade dans la ville : beaucoup de boutiques pour touristes autour de la Place d'Armes, mais il suffit de s'en éloigner un petit peu pour échapper aux vendeurs de cartes postales de condors survolant le Machu Picchu. A chaque coin de rue, des petits vendeurs ambulants et surtout des femmes qui proposent des appels téléphoniques depuis un téléphone portable ("Llamadas !"). Il est temps de se désaltérer en profitant de la bière locale (Cusqueña) accompagnée de... devinez quoi ? Vince craque et sort le Picon dans le bar ! Voilà où mènent 6 mois de sevrage... En soirée, on part chez Alba et Wilfredo, un couple cubano-péruvien que Soizic et Vincent connaissent. Ils nous offrent notre premier mate de coca, infusion à base de feuilles de coca et qui a des vertus reconnues contre le mal de l'altitude et les problèmes digestifs. Discussion sur le programme de nos premiers jours dans la région et on s'en retourne à l'hôtel en taxi pour se coucher vers 22h.
par JB
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Mardi 24 juillet 2007
Lever 7h, sans difficulté pour Florent et moi pas encore tout à fait adaptés à l'heure péruvienne. Les nuits sont fraîches dans l'ancienne capitale inca (Cusco = nombril, en Quechua), mais on a quand même bien récupéré ! Pour Soiz et Vince, c'est un peu plus dur car ils Cusco-PlazadeArmas.JPGn'ont pas super bien dormi à deux dans leur petit lit. Petit-dej sur la terrasse de l'hôtel surplombant la Plaza de Armas : la lumière est magnifique ! La matinée est consacrée à des problèmes pratiques : on passe à la banque retirer des (nuevos) soles, la monnaie locale (1 € = 4 NS). On galère un peu pour trouver une banque acceptant les Traveller's Cheques en dollars : finalement, Florent fait le change dans une petite boutique au coin d'une rue. Pendant ce temps, Soiz et Vince vont à l'office de tourisme acheter notre boleto touristico (70 NS par personne) valable pour les visites de nombreux sites incas autour de Cusco (Pisac, Ollantaytambo, Sacsayhuaman...). Ils en profitent aussi pour poser tout un tas de questions pratiques relatives à l'organisation de notre programme des tout prochains jours (heures d'ouverture des différents sites, moyens d'accès).

Le trek de Choquequirau que nous avions initialement prévu (5 jours : 2 jours aller + 1 jour de visite du site + 2 jours retour) semble compromis compte tenu du fait que Soizic et Vincent aimeraient partir le 30 juillet de Cusco pour la suite de leurs aventures. Il y a tellement de sites à visiter autour de Cusco qu'on n'aura de toutes façons pas le temps de s'ennuyer et le passage au Machu Picchu s'impose. On profite donc de cette matinée pour acheter les billets de train au bureau de Perurail (un peu excentré) afin de se rendre à Aguas Calientes (ville la plus proche du Machu Picchu). Cusco-ruelle.jpgComme le billet de train coûte cher (monopole d'une compagnie privée chilienne), on décide de ne le prendre que sur la partie du trajet qu'on ne peut pas faire autrement (il existe bien un chemin "alternatif" qu'on trouve dans certains guides mais c'est plutôt digne d'un parcours du combattant) : le billet aller-retour Ollantaytambo-Aguas Calientes coûte déjà 180 NS / personne (on ira de Cusco à Ollantaytambo en bus). Et pour les dates, la plupart des trains sont déjà presque complets, donc on n'a plus vraiment le choix : aller le 26/07 au soir et retour le 28/07 en début d'après-midi.

Finalement, on revient dans le centre de Cusco pour se balader dans les petites ruelles et les différents quartiers : comme ça monte pas mal, on y va doucement ! On se décide enfin à déjeuner vers 15h puis on passe la fin de journée au musée Inca, près de la Plaza de Armas. Le musée n'est pas très pédagogique et, comme on débute en culture inca, on ne comprend pas tout et on ne profite pas à fond de la visite. Il est déjà 18h, c'est l'heure de l'apéro : quoi de mieux qu'un Picon-bière dans un bar ? C'est encore l'occasion de reparler de notre programme d'excursions (ça prend du temps à quatre, même s'il n'y a jamais de gros désaccord !). On prévoit d'aller voir les ruines de Pisac le lendemain, à une quarantaine de kilomètres de Cusco. La faim nous assaille et on craque devant un resto à pizzas (t'en veux du typique !). On rentre à l'hôtel pour se coucher vers 22h.
par JB
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Mercredi 25 juillet 2007
Lever 6h : la nuit a été difficile pour Soizic et Vincent dans leur petit lit... Soiz a fini par opter pour le sol de la chambre au milieu de la nuit ! Pas de petit-dej à l'hôtel, on part directement au "terminal" des bus pour Pisac (en fait c'est une baraque en bois, au coin d'une rue). Une heure plus tard, on arrive enfin à Pisac et on ne résiste pas au petit-dej qui nous tend les bras dans une cour ensoleillée donnant sur la place du marché. Soizic et moi, on choisit le petit-dej inca : lait concentré accompagné de céréales et épices (quinoa, quiwicha, ...). C'est hyper nourrissant : on aura bien besoin de ça lors de la montée vers les ruines ! A une table voisine, deux filles aux mains bleues sont en train de manger également, on se demande d'où sortent ces schtroumpfettes... de l'espace ? de l'empire inca ? d'une répet de théâtre ? d'une rave party ? Ca restera un des mystères du voyage, mais qui aura au moins le mérite de nous faire causer pendant toute une partie du trajet conduisant au site inca... jusqu'à ce qu'on rencontre Jean-Claude, notre compagnon de voyage pour cette balade. Difficile de lui donner un âge, court sur pattes, d'un abord facile... il devient notre chien préféré et nous conduit jusqu'aux ruines !
Pisac-groupe.jpg
Le paysage est magnifique : on monte au milieu des terrasses (andenes) et des cactus, il fait déjà chaud. Soizic prend tout plein de photos et Vincent aimerait bien qu'elle lui rende l'appareil... Pisac-village.jpgUne heure plus tard, on arrive au mirador d'où on a une vue dégagée sur la vallée. Et au sommet de la montagne, sur la crête, on découvre le quartier sacré avec notamment les trois temples dédiés aux divinités principales : le soleil (Inti), la lune (Quilla) et les étoiles (Chaska). Un des gardiens du site se propose pour nous faire une petite visite commentée, moyennant quelques soles. On découvre la pierre sacrée des Incas, taillée en forme de podium olympique. Elle représente d'une part les 3 parties du monde inca : le monde terrestre (puma), le monde aérien (condor) et le monde souterrain (serpent) ; d'autre part, elle symbolise les 3 commandements fondamentaux de la morale inca : "ne sois pas voleur, ne sois pas menteur, ne sois pas paresseux". L'assemblement des pierres formant les murs est IM-PRES-SION-NANT ! Les Incas utilisaient même du jus de cactus, entre les pierres, servant de joint et de colle (version non-officielle de notre guide).

Puis on se dirige vers l'autre partie du site, en empruntant un petit tunnel naturel dans la roche (décidément les Incas n'étaient pas grands !) et en passant la porte du village : Pisac-habitations.jpgil s'agit des habitations où les Incas vivaient. Ils laissaient le flan de montagne libre pour les cultures en terrasse (céréales et pomme de terre principalement) et préféraient installer leurs villages sur les sommets, les vallées étant sans doute moins sûres en cas d'attaque ennemie. Le site est également époustouflant par ses canalisations (à l'air libre, mais également souterraines !) qui permettaient une irrigation étonnante des différentes cultures. La société inca était organisée d'une manière assez rigide, avec 3 classes principales : les paysans et artisans, les militaires et guerriers, les nobles.

On redescend au village de Pisac par un autre sentier, en fond de vallon. Le genou de Soizic commence à donner des signes de fatigue, alors que l'estomac de Vincent va mieux grâce aux fameuses pilules Digestase de la pharmacienne. Florent trotte devant, fier comme un Corse, et de mon côté je suis tout triste d'avoir été abandonné lâchement par Jean-Claude dans les ruines, au milieu du flot de touristes. IMG-1315.JPGAu cours de cette descente, on longe une falaise couverte d'anfractuosités : ce sont d'anciennes tombes incas (qui ont été pillées pour l'or qu'elles contenaient) et qui formaient le plus grand cimetière de la vallée sacrée. Nous faisons un passage rapide par le marché et on s'en éloigne un peu pour trouver un comedor un peu authentique. Dans les ruelles de Pisac, Vincent nous explique comment les caniveaux creusés au milieu permettaient, par un système astucieux utilisant la force de Coriolis, de séparer les eaux propres des eaux usées*... Il est grand temps de manger et, la faim aidant, on finit par craquer devant un resto qui passe des reprises des Beatles à la flûte de pan... On reprend ensuite le bus pour Cusco, en pensant pouvoir y faire une sieste réparatrice, mais il n'y a plus de places assises : nous sommes quittes pour une heure de trajet debout, au milieu de l'allée. On croise d'ailleurs dans ce bus 2 Français dont on reparlera... Arrivés à Cusco, petite visite du quartier San Blas. On repasse à l'hôtel pour faire nos sacs et séparer les affaires qu'on emmènera au Machu Picchu du reste. Puis nous partons en taxi chez Alba et Wilfredo où nous sommes toujours aussi bien reçus ! On en profite pour déposer chez eux nos sacs et on rentre à l'hôtel parce qu'il faut encore partir tôt le lendemain.

* Attention, une erreur se cache dans cette phrase.
par JB
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Jeudi 26 juillet 2007
Lever difficile à 6h30. Dernier petit-dej à l'hôtel que l'on quitte définitivement. Nous prenons le bus pour Ollantaytambo vers 10h et on y arrive environ deux heures plus tard. Un changement de bus à Perou-FG1-114.jpgUrubamba a bien failli créer une scission (involontaire) dans le groupe, puisque je suis descendu du bus un arrêt trop tôt... heureusement, j'ai réussi in extremis à remonter dedans, ouf ! Petite balade dans les ruelles de ce très mignon village. Les rues sont peu pavées, pour la plupart en terre. Les ruines incas surplombant le village sont réellement impressionnantes. Avant de s'attaquer à leur visite, on se met en quête d'un comedor. Malheureusement, plus de place dans celui qu'on a repéré dans une ruelle : qu'à cela ne tienne, la patronne nous propose de déjeuner à l'étage... en fait, elle nous emmène dans sa salle à manger personnelle, peinture mauve et portraits de famille aux murs ! Soiz et Vince préfèrent rester prudents avec leurs intestins et ne prennent pas de viande : la patronne s'inquiète un peu pour leur santé et leur propose une banane en remplacement, parce qu'on aura besoin de forces le lendemain au Machu Picchu. Elle évoque alors avec nous les problèmes de la ligne de train Ollantaytambo-Aguas Calientes qui a été privatisée et qui est exploitée par Perurail, compagnie (chilienne !) ayant le monopole. Il s'agit du seul moyen de transport pour accéder au Machu Picchu et la compagnie en profite largement pour fixer librement des prix... très élevés ! Tout ceci ne profite bien entendu absolument pas aux villages et populations locales, mais va directement dans la poche des actionnaires de Perurail, un vrai scandale ! Les locaux disposent heureusement de trains spéciaux à des tarifs bien plus abordables (trains interdits aux touristes). Ollantaytambo.JPGQuant à ceux qui veulent se lancer dans l'aventure du fameux chemin alternatif permettant d'éviter le train (et qui passe par une autre vallée : description détaillée dans le Lonely Planet), elle nous apprend que la police rôde pour décourager les "fraudeurs" et qu'en cas d'interpellation elle peut ramener les "contrevenants" directement à la case départ (Ollantaytambo), sans toucher 20 000 soles. De toutes façons, nous avons déjà acheté nos billets de train pour le soir même...

Après le repas, nous partons à la découverte des ruines de la forteresse inca, siège de la seule victoire Ollantaytambo-canaux.jpgindigène contre les Conquistadors. Plus on s'en approche et plus on comprend pourquoi... Il s'agit vraiment d'un site imprenable, consitué d'une vingtaine de terrasses superposées : les Espagnols ont dû grimper cet "escalier" aux marches immenses sous une pluie de flèches incas. Sur le versant opposé se dressent les ruines des colcas (lieu d'entreposage de céréales et autres cultures) et de la prison : fascinant d'imaginer comment on a pu monter des pierres et réaliser de telles constructions dans un endroit aussi escarpé ! Entre les deux bâtiments, un rocher en forme de visage (de profil) représente le Viracocha (principal dieu des Incas, dieu créateur, roi de la foudre et des tempêtes). Au pied de la forteresse, le système d'irrigation mis à jour permet d'admirer le travail remarquable de la pierre et est constitué de canalisations encore utilisées aujourd'hui.

en-face.JPG Ollantaytambo-Beatles.JPG

Il est déjà bientôt temps de se diriger vers la gare, un peu excentrée, pour prendre le train en direction d'Aguas Calientes, village au pied du Machu Picchu. A peine le temps d'avaler un Picon bière et un choclo con queso (épi de maïs bouilli, servi avec un morceau de fromage), nous voilà dans le train, plutôt luxueux par rapport à tous les moyens de transport qu'on a pu expérimenter jusque-là. Nos compagnons de voyage sont pour la plupart étatsuniens (quelques Français aussi), la nuit tombe doucement et on s'installe en bout de wagon, autour du bar, pour terminer tranquillement notre Picon. L'itinéraire suit la vallée de l'Urubamba, superbe ! On arrive à Aguas Calientes sous une pluie fine vers 20h : pas de pancarte à notre nom comme on nous l'avait pourtant promis en réservant l'hôtel par téléphone... Nous n'avons donc pas d'autre choix que de partir à la recherche de notre hôtel Inti Wasi, dans la nuit et sous une pluie qui redouble d'intensité... N'ayant pas encore vu la pluie depuis notre arrivée et sur les conseils des locaux, nous avons fait le choix (judicieux ?) de ne pas prendre de vêtement de pluie pour cette excursion au Machu Picchu !

L'hôtel est en fait tout près de la gare et on le trouve assez facilement : notre réservation avait bien été enregistrée, mais pour deux personnes seulement... et de toutes façons l'hôtel est complet ! Le gérant nous propose alors un arrangement : il y a une chambre double occupée par deux filles qui ont raté leur train et qui ne devaient donc pas être à l'hôtel ce soir-là. Comme elles sont parties dîner, il enlève toutes leurs affaires de la chambre et nous propose de dormir à quatre dans cette petite chambre pour deux ! Les chambres d'hôtel bon marché étant rares à Aguas Calientes, on ne fait pas les difficiles et on accepte son offre, en négociant une petite ristourne. Il nous apporte deux matelas et sacs de couchages d'appoint et nous voilà installés ! Quant aux deux filles qu'on vient de déloger, deux matelas et sacs de couchage les attendront dans le hall de l'hôtel ! On se retrouve donc à quatre dans une chambre minuscule sans fenêtre, où on ne peut plus poser le pied par terre à cause des matelas supplémentaires. On entend les trombes d'eau dehors, il ne fait pas très chaud et on est néanmoins tenus d'aller visiter le Machu Picchu le lendemain, quel que soit le temps (sans vêtement de pluie), car on a déjà nos billets de train retour pour le surlendemain. Le moral des troupes n'est pas vraiment au beau fixe... Pour ne pas trop sombrer dans le pessimisme, on décide de se séparer les tâches : Soiz et Vince vont nous préparer un petit dîner pique-nique avec les quelques boîtes de conserve qui traînent dans le fond de nos sacs, pendant que Florent et moi affronterons la pluie pour aller acheter les billets d'entrée au Machu Picchu pour le lendemain matin. En fait, ce qu'on croyait être une averse s'abattant sur le toît en tôle de l'hôtel n'est autre que le torrent qui s'écoule bruyamment juste à côté. Il pleuviote à peine et notre moral remonte subitement : on achète nos places d'entrée, assez chères (120 NS / pers., mais au moins cet argent est dédié à l'entretien des sites historiques), puis on rentre à l'hôtel annoncer aux autres la bonne nouvelle : on ne visitera sans doute pas le Machu Picchu sous la pluie ! Petit dîner à base de thon en boîte et tomates, puis on part se coucher vers 23h en espérant se réveiller à 4h30 (car on a aussi oublié de prévoir un réveil en état de marche...), pour prendre les premiers bus montant au site dès l'ouverture.
par JB
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Vendredi 27 juillet 2007
Il est 3h du matin et déjà l'hôtel grouille de randonneurs plus ou moins discrets, prêts à s'attaquer à l'ascension menant à l'entrée du Machu Picchu de nuit (400 m de dénivelé environ), pour être les premiers à l'ouverture du site à 6h et profiter du lever de soleil. De notre côté, on a décidé de s'économiser un peu physiquement et de gagner plus d'une (précieuse) heure de sommeil en prenant le bus pour rejoindre l'entrée du site (20 NS / pers. pour l'aller simple !). On se rendort donc tant bien que mal, malgré le brouhaha perpétuel, et lorsque je me réveille un peu miraculeusement à 4h30, il ne pleut pas du tout et il fait même assez doux pour partir en short. Le hall de l'hôtel est rempli de matelas, accueillant les touristes arrivés tard par le dernier train la veille : une bonne adresse de secours donc, pour les routards cherchant un hôtel à minuit. On part sans même petit-déjeuner à 5h pour acheter nos billets de bus dans la cohue et on parvient à prendre l'une des toutes premières navettes qui grimpent vers l'entrée, sur une piste qui serpente pas mal. MachuP-brume.JPGNous doublons d'ailleurs beaucoup de randonneurs armés de leur frontale ; tout juste le temps de grignoter quelques biscuits et on arrive à l'entrée peu après 6h, où quelques dizaines de personnes font déjà la queue.

Le jour se lève et nous voilà enfin à l'intérieur du site ! Première impression un peu décevante car, outre le flot de personnes déjà présentes (les randonneurs matinaux + les premiers bus), la montagne est plongée dans un épais brouillard qui ne nous permet que de deviner ici ou là quelques ruines éparses, mais aucune vision d'ensemble. WaynaPicchu-marches2.JPGDe plus, on veut absolument faire partie des premiers à gravir le Wayna Picchu ("jeune montagne" en Quechua, par opposition à Machu signifiant "vieille"), qui offre un panorama exceptionnel sur l'ensemble des ruines et son environnement montagneux, car l'ascension est limitée à 400 personnes par jour. On doit donc hâter le pas dans le brouillard... la magie de la contemplation du site au lever du soleil, ça ne sera pas pour ce matin ! On découvre quand même quelques bâtiments en pierre impressionnants en traversant les ruines et on arrive au pied du Wayna Picchu vers 6h30. Là, une cinquantaine de personnes attend déjà l'ouverture du sentier aux premiers randonneurs à 7h. Le temps de laisser partir les personnes qui étaient là avant nous, on ne commence l'ascension que vers 8h, toujours dans la brume matinale qui tarde à se lever. La montée est assez difficile, mais pas trop fatigante quand même (dixit le guide du Routard !). Une heure plus tard, on est venus à bout des nombreuses marches glissantes et autres passages un peu vertigineux. Le genou de Soizic a tenu bon ! Malheureusement, la vue est complètement bouchée : on est dans les nuages et de plus en plus de gens affluent au sommet. On distingue parfois furtivement un bout de montagne entre deux nuages, mais rien de plus. Nous attendons patiemment, mais une heure plus tard la situation n'a toujours pas évolué. On se décide alors à redescendre, un peu frustrés, mais les ruines nous attendent !
 
WaynaPicchu.JPG Au cours de notre descente, on traverse la couche nuageuse qui entoure encore le Wayna Picchu pour arriver au niveau des ruines vers 11h, au moment où les nuages commencent à se dissiper. La magie du lieu commence alors à opérer, malgré l'affluence de visiteurs de plus en plus nombreux. On profite de ce moment unique où l'on découvre peu à peu l'immensité du site et son environnement montagneux. Comment avoir eu l'idée de construire un village à cet endroit ? difficile de trouver moins accessible... L'ascension du Wayna Picchu nous a un peu entamés et la faim commence à se faire sentir, d'autant que le petit-dej a été plutôt frugal. On ressort du site car, une fois n'est pas coutume, nous avons suivi scrupuleusement le règlement intérieur qui interdit l'introduction d'aliments et de bouteilles d'eau sur le site, ce que malheureusement peu de personnes respectent. Nous pique-niquons donc rapidement sur les tables aménagées à l'entrée et on décide de prendre une visite guidée pour mieux comprendre les symboliques liées au lieu.

Entre deux guides qui nous proposent leurs services à l'entrée, on choisit une femme qui nous inspire plus confiance et qui MachuPicchu-nuages.JPGnous promet une visite complète de 2h pour 90 NS. Nous voilà repartis à l'assaut des ruines, les nuages sont maintenant complètement dissipés, y compris sur le Wayna Picchu (pas la peine, donc, d'y aller trop tôt quand l'horizon est bouché). On prend un sentier qui s'élève pour avoir une vue d'ensemble du site. Un vol de condor au-dessus des ruines (assez rare, d'après notre guide) nous souhaite la bienvenue. Les architectes incas avaient un sens aigu de l'harmonie entre les constructions humaines et la nature environnante. Beaucoup de symboliques plus ou moins évidentes apparaissent dans le plan de construction (formes d'animaux : condor, lézard, puma...). On distingue le quartier sacré, constitué de différents temples, dont le principal est bien MachuP-pierres.JPGentendu le temple du soleil. A côté un lieu dédié à l'astronomie, plus bas les maisons des nobles et, plus bas encore, les habitations des gens du peuple. Quelque 1500 personnes vivaient dans ce village. On suit alors notre guide dans chacun de ces quartiers et l'on peut observer de plus près les ajustements de pierres taillées, toujours aussi étonnants (dont une pierre à 32 angles, record battu !). Petite pause pour prendre un peu d'"énergie" sur la pierre sacrée ; notre guide est à la fois calme et passionnée, cette visite est un délice ! MachuP-picon.jpgAprès avoir bu ses paroles pendant 2h30 (!) grâce à son excellente élocution, on la quitte, comblés et un peu moins ignorants face à ces "vieilles pierres". Nous faisons un nouveau tour dans le village, à notre rythme, il y a de moins en moins de visiteurs et les lamas commencent à réinvestir les lieux. On décide alors de remonter un peu afin de terminer notre journée par une petite demi-heure de contemplation face à cet ensemble de montagnes et de pierres, aux couleurs si caractéristiques : le temps s'arrête, on flotte au-dessus des ruines... on l'a eu notre instant de magie ! Les sifflets des gardiens nous ramènent à la réalité : l'heure de fermeture (17h) est proche et on tourne le dos à ce lieu époustouflant, non sans avoir fait voeu d'y revenir un jour. A la sortie, on se fait même tamponner nos passeports aux couleurs du Machu Picchu !
MachuP-ensemble.JPG
Nous redescendons à pied jusqu'à Aguas Calientes, par une enfilade d'escaliers au milieu des arbres, croisant de temps à autres les lacets de la route. Ca commence à faire beaucoup pour le genou de Soizic, mais nous arrivons en bas au courage à la lueur de la frontale. Au passage, on fait quelques emplettes au marché pour se préparer un bon petit dîner dans la cuisine de l'hôtel (soupe et pâtes), excellente alternative aux restos peu recommandables et chers de cette ville décidément très touristique. Pendant qu'on mange dans le hall de l'hôtel, on retrouve les deux Français croisés dans le bus Pisac-Cusco. Ils sont arrivés à Aguas Calientes par le chemin alternatif (via Santa Maria, Santa Teresa et Hydro) : leur trajet depuis Cusco a duré 24h non-stop, avec quelques passages un peu délicats. Bizarrement, ils prendront le train au retour... Ils débutent un tour du monde et nous abreuvent de leurs expériences : "On a déjà fait le Mexique, le Guatemala et l'Equateur". On les remercie poliment et on part se coucher vers 22h. La journée a été longue et intense, un grand merci à Inti de ne pas nous avoir laissés tomber !

(informations détaillées sur le Machu Picchu ici ou )
par JB
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Samedi 28 juillet 2007
Toujours du bruit très tôt le matin dans l'hôtel (les randonneurs partant au Machu Picchu), mais aujourd'hui c'est grasse mat' et ça nous réveille à peine. On ouvre finalement les deux yeux vers 9h. Notre train pour Ollantaytambo ne part qu'à 14h, on a donc largement le temps de faire un petit tour dans Aguas Calientes, village bétonné rempli de restos et d'hôtels. Nous décidons de profiter des sources chaudes (d'où le nom du village) : on va donc se relaxer des efforts de la veille dans des bassins d'eau à 35°C, un vrai bonheur ! Pour le déjeuner, on décide finalement de tenter un des rares restos recommandés par le Routard (végétarien et assez cher quand même compte tenu de la qualité du service et de la nourriture). Il est déjà temps d'aller prendre notre train.

AguasCalientes-train.JPG Le départ n'a pas lieu à la gare d'arrivée, mais au beau milieu d'une des rues principales, traversée par les rails. Un train de marchandises, en plein déchargement, encombre les voies : après quelques allées et venues de locomotives assez compliquées, la voie est enfin libre pour accueillir notre train avec une demi-heure de retard. Le voyage nous permet de profiter pleinement des paysages de AguasCalientes-Ollantaytambo.JPGla vallée de l'Urubamba (qu'on avait traversée à la tombée de la nuit à l'aller). Nous arrivons en gare d'Ollantaytambo vers 16h30 et on prend un bus qui nous ramène directement à Cusco.

Après un passage dans le centre pour faire quelques courses, on rejoint Wilfredo et Alba chez eux. Ils nous proposent même de passer la nuit chez eux, dans une chambre avec lit double + nos tapis de sol. Nous dînons avec eux rapidement, car ils ont prévu de sortir ensuite. On occupe notre soirée par un super jeu des personnalités (en espagnol !) et on se couche vers 22h.
par JB
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